Portrait de famille des retraités au Québec

Le 28 octobre 2019
Les retraités au Québec : portrait de famille
Extrait de : Perspective, ÉTUDES ÉCONOMIQUES | 15 AOÛT 2019, Desjardins.
Faire face à la retraite : oui, non, oui mais… Qu’est-ce qui peut inciter une personne à prendre sa retraite hormis la volonté de passer à autre chose après de nombreuses années de service.

L’atteinte de l’âge de 65 ans (qui constitue un repère dans le temps pour de nombreuses personnes), l’état de santé ou une mise à pied sont au nombre des raisons qui peuvent mener à la décision. Les politiques fiscales, lorsqu’elles pénalisent ceux qui demeurent au travail, peuvent être un incitatif supplémentaire.

Toutefois, les aménagements fiscaux se sont multipliés ces dernières années pour corriger cette situation. Un manque de souplesse dans les conditions de travail (absence de flexibilité en matière de retraite progressive, impossibilité de travailler selon un horaire de quatre jours, pas d’accès à des horaires variables, etc.) peut aussi contribuer au départ hâtif de certains.

Par ailleurs, les épargnes accumulées, la générosité de l’État envers les retraités et la responsabilité des soins à donner à un proche peuvent également peser lourd dans la décision de quitter le marché du travail.

En contrepartie, qu’est-ce qui peut amener quelqu’un à prolonger sa vie au travail? On pourrait prendre à l’inverse les raisons qui viennent d’être énumérées. Au-delà de cet exercice, la faiblesse des rendements dans les portefeuilles de placement peut conduire à un report dans le temps du départ à la retraite. De même, le glissement graduel des régimes de pensions à prestations déterminées vers ceux à cotisations déterminées, les crédits d’impôt incitatifs pour allonger la vie sur le marché du travail, un niveau de scolarité qui permet d’avoir un emploi rémunérateur, l’espérance de vie accrue ou un emploi moins exigeant physiquement sont au nombre des raisons qui peuvent concourir à garder les gens en emploi.

Dans une étude réalisée par Statistique Canada publiée en décembre 2018 et portant sur les raisons de travailler chez les 60 ans et plus, on mentionnait que : « La moitié des personnes âgées qui ont travaillé ou souhaitaient travailler au cours de l’année précédente l’a fait par nécessité […] » Ce constat était valide tant chez les hommes que chez les femmes. Fait intéressant à noter, moins de 5 % de ceux qui se définissaient comme retraités ont travaillé durant l’année précédente.
Chez les 70 ans et plus qui travaillaient ou souhaitaient travailler, 28,4 % déclaraient le faire par nécessité. Parmi ceux qui ont continué à travailler à 60 ans et plus, on a évoqué différentes raisons : le besoin d’argent, le fait d’aimer leur travail, la volonté de rester occupé et la socialisation avec les collègues. Ceux qui travaillent par nécessité mentionnent surtout l’obligation de payer des dépenses essentielles (factures, hypothèque, nourriture, etc.), le fait de n’être pas encore admissible à une pleine pension ou encore la volonté d’aider des membres de leur famille.

Enfin, ceux qui demeurent en emploi essentiellement par choix font valoir qu’ils peuvent ainsi se payer des produits et des services convoités (exemple : vacances, loisirs), qu’ils demeurent par amour du travail, pour rester engagé ou encore parce qu’ils estiment tout simplement qu’ils ne sont pas prêts à prendre leur retraite. Enfin, qu’est-ce qui motive une personne qui a déjà pris sa retraite à retourner sur le marché du travail?

Selon les responsables de sites d’emplois réservés aux 50 ans et plus, les retraités et les semi-retraités souhaitent parfois travailler à temps partiel pour la reconnaissance, pour le plaisir ou pour être utile. Ces personnes ne recherchent pas nécessairement un travail dans un domaine où ils ont œuvré durant la majorité de leur carrière. On compte également des retraités qui veulent retourner sur le marché du travail après un an ou deux d’arrêt, par passion de leur métier ou de leur profession, mais qui ne souhaitent pas assumer autant de responsabilités et de stress que dans le passé.

Toutefois, il faut retenir que, chez les 60 ans et plus qui étaient au travail au Canada, la moitié l’a fait par nécessité. Retraite dans l’immédiat ou plus tard : la préparation s’impose Le groupe des 65 ans et plus, que l’on considère souvent comme les « retraités », est en croissance dans la population.

Selon les projections démographiques de l’ISQ, une personne sur quatre au Québec appartiendrait à ce groupe d’âge en 2031. Avec une espérance de vie qui demeure élevée après 65 ans, l’importance de planifier ces années s’impose. Bien que la retraite se prenne de plus en plus tard au Québec depuis une vingtaine d’années (en moyenne à 63,1 ans en 2018, en comparaison avec un peu moins de 60 ans à la fin des années 1990), on note que, en parallèle, la proportion des familles de personnes âgées ayant une dette a augmenté de 1999 à 2016.

Le prolongement de la vie au travail, tel qu’observé par une hausse du taux d’activité chez les 60 à 64 ans et chez les 65 à 69 ans, ne semble pas avoir conduit à établir des assises financières permettant de vivre la retraite à l’abri des soucis de cet ordre. À l’heure où un nombre croissant de personnes atteindront 65 ans et voudront partir pour la retraite, force est de constater qu’un imposant travail de préparation reste à faire. 

 

Pour lire l’article au complet : 
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https://www.desjardins.com/ressources/pdf/per0819f.pdf?resVer=1565873310000

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