Plusieurs personnes ont une mauvaise compréhension du REER et sont frustrées lorsqu’elles doivent payer de l’impôt quand elles décaissent le leur. Petit guide du fonctionnement de ce régime.
Il faut d’abord se rappeler que le concept du REER sert à inciter la population à épargner pour la retraite en offrant un incitatif fiscal. Ainsi, en versant de l’argent dans un REER, vous obtiendrez une déduction pour le montant cotisé. De plus, les revenus provenant des investissements effectués dans votre REER ne sont pas imposables, qu’il s’agisse de gains en capital, d’intérêts ou de dividendes, tant qu’ils demeurent à l’intérieur de celui-ci. Le principe important à retenir ici est: «tant que l’argent demeure dans le REER». Dès qu’il ne s’y trouve plus, les règles du jeu changent, mais en sachant comment ce régime fonctionne, vous pourrez prendre de meilleures décisions et même limiter l’impact fiscal.
Incitatif fiscal
Jean-François Rémillard, conseiller en sécurité financière chez Gestion de patrimoine Séquito, souligne que s’il est bien compris, le REER constitue un bon régime de placement pour une grande partie de la population. «Cela incite également les individus à mettre de l’argent de côté, ce qui crée un réflexe d’épargne et donne une certaine discipline», dit-il.
Il souligne que dans certains cas, il pourrait être plus avantageux pour la personne de déposer son épargne dans un CELI, mais que bien souvent on aura alors plus de difficulté à conserver ces sommes à long terme.
L’idée à la base du REER étant de constituer un bas de laine pour ses vieux jours, il est bien sûr recommandé de ne décaisser cette épargne qu’au moment où l’on prendra sa retraite. «À cette période de la vie, notre taux d’imposition sera habituellement moins élevé que lorsque l’on était sur le marché du travail et que l’on cotisait à ses REER. Par conséquent, la facture à payer sera moins salée», explique le conseiller.
Prenons le cas d’une personne dont le salaire est imposé à 36,12%, mais qui, à la retraite, lorsque ses revenus diminueront, passera alors à un taux d’imposition de 26,5%. Elle économisera 361$ en impôt au moment où elle a cotisé, mais n’aura que 265$ à payer lorsqu’elle retirera cette somme de ses REER, soit une différence de 96$ dans ses poches!
Des retenues à la source
Mais que se passe-t-il si l’on décaisse ses REER avant la retraite? Dans ce cas, sachez qu’une retenue à la source sera effectuée par l’institution financière. La retenue sera la suivante:
- 19% pour un retrait entre 1$ et 5 000$;
- 24% pour un retrait entre 5000$ 15 000$;
- 29% pour un retrait supérieur à 150 001$.
Rassurez-vous, car vous ne serez pas imposé deux fois sur ces montants: l’institution financière vous fera parvenir un relevé que vous devrez inclure avec votre déclaration de revenus. Si votre taux moyen d’imposition est moins élevé que la retenue effectuée, vous recevrez alors un remboursement d’impôt.
En effectuant cette retenue à la source, le gouvernement est assuré que l’impôt dû sur le retrait sera effectivement payé par le contribuable.
D’autres avantages
La déduction fiscale applicable grâce au REER présente aussi un autre atout. Car en réduisant votre revenu imposable avec vos cotisations REER, vous pourriez avoir accès à certains crédits ou encore augmenter les montants auxquels vous avez droit pour des prestations fiscales comme les allocations pour enfants, le crédit pour solidarité, les crédits pour la TPS, etc. Un autre avantage à connaître !
Source : Le Journal de Québec, Emmanuelle Gril, Février 2025.